samedi 19 avril 2014

Lycanthropic love



Face à face, nos visages encore visibles, nos regards miroitent, 
chacun phagocytant la lumière de l'autre.

Obscurité, hurle-moi, crache-moi tel un venin périmé, 
devenu trop vieux pour tuer. J'ai perdu mon corps dans la lumière, 
mes jambes consumées par le feu de mon silence. 
Tes cris me rassurent, tandis que mes ongles t'entravent, 
tandis que tu espères encore me piétiner.

Au prologue du chant des lépreux, nos visages se détournent 
l'un de l'autre, et nous voyons. De ces âmes qui naissent 
comme elles périssent, nous voyons les plus jeunes prétendre à 
l'identité de celles qui se sont évanouies. 
Nous les voyons rire, puis mourir. Nous les voyons succomber 
à une faim que nous ne connaîtrons jamais, 
car nos regards nous trahissent. 
Nous oublions alors le chant des lépreux, laissant à leurs soins 
nos doutes et à leurs mains sales nos vierges espérances.

Dans le noir, nos visages presque invisibles, nos regards s'éteignent, 
chacun digérant la lumière de l'autre.

Hurle-moi, avale-moi, régurgite-moi, pleure-moi, ravale-moi, digère-moi... 
Hurle-moi à nouveau. Je suis ta lèpre, ta fin.
Ton amour lycanthrope.